"Je ne suis pas fou ! Je suis quelqu'un qui souffre"
La douleur qui dure dans le temps accapare le malade qui souffre et le met dans l'impossibilité de communiquer normalement avec les autres. En parler avec un psychologue peut aider à mieux comprendre pourquoi on a mal et nous aider à surmonter cette période difficile allant jusqu'au moment où le médecin comprendra le mécanisme de la douleur qui vous ronge.
La douleur neuropathique est liée à des
lésions sur le système nerveux qui conduit le message "douleur"
de son origine, vers le cerveau où il est reconnu et identifié comme une
douleur, avec toutes les complexités liées au retentissement
qu'elle crée et éveille en vous. Il arrive que des traitements comme les
chimiothérapies du cancer, des toxicités comme
celle liée à la consommation excessive d'alcool ou de
substances toxiques, des virus (celui du Sida et du zona par exemple), des
traitements chirurgicaux d'amputation d'un membre (membre
fantôme)ou d'ablation d'un organe (fréquents besoins d'aller à la selle après
amputation du rectum, par exemple), des rayons pour un
cancer.... créent des lésions provisoires ou définitives sur
des nerfs qui devraient conduire le message de la douleur vers
le cerveau. Ces lésions entraînent des troubles de la
sensibilité qui vont faire que le message de la douleur
va être amplifié, brouillé et modifié quand il atteindra le cerveau et
sera identifié comme une douleur par celui-ci. Souvent, les
gens qui ont ce type de douleur ressentent comme des brûlures,
des démangeaisons ou des picotements, des
décharges électrique ou des coups d'éclair; à l'examen le
médecin retrouve des troubles de la sensibilité dans le
territoire où se projette la douleur (une anesthésie, une
diminution ou une modification de la sensibilité). Dans ce cas, la
morphine et ses dérivés ne sont pas complètement efficaces ou
entraînent des effets indésirables qui gênent beaucoup la qualité de vie des
patients douloureux. Pour redonner une fonction la plus normale possible à ces
nerfs lésés, il faut stabiliser leurs cellules en leur donnant des
antidépresseurs qui les rendent moins sensibles aux
agressions extérieures et stabilisent leur paroi; on les
associe souvent à des antiépileptiques qui agissent dans le même sens en
diminuant l'hyperexcitabilité des nerfs. Ainsi, nombre de malades
sont traités par des antidépresseurs, des
antiépileptiques et des antalgiques pour des douleurs
qui sont bien en rapport avec des lésions de l'organisme.
Communiquer ce que l'on ressent dans ce type de
douleurs est souvent très difficile, car on est mal compris par
les autres, on s'isole de telle sorte que l'on peut se demander
si l'on n'est pas un peu "fou"; quand en plus le médecin vous
propose un traitement antidépresseur et que vous n'avez pas
bien compris pourquoi, cela peut-être encore plus difficile et
ajouter la confusion à votre détresse. N'hésitez pas à en
parler à un de nos psychologues pour une consultation
de soutien psychologique sur internet qui saura vous
aider à comprendre ce qui se passe et que c'est la douleur qui pourrait vous
rendre fou, si elle continuait à ne pas être correctement traitée...











